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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 10:58

A l'occasion de la sortie du carnet souple "Académies" d'André Juillard aux Editions Toth, la galerie 9e Art est heureuse de présenter, du 05 au 18 octobre, une exposition regroupant croquis et illustration inédits de nus féminins.

La mise en vente des oeuvres et des livres numérotés et signés, se fera le mercredi 05 octobre à 18h00 lors du vernissage, en présence de l'auteur.

 

expoJuillard.jpeg

Adresse du jour:

GALERIE 9e ART
4 rue Cretet
75009 PARIS

ouvert du mardi au samedi
de 14h a 19h et sur rendez-vous.
metro Anvers ou Pigalle ligne 2

Tél.: +33 1 42 80 50 67
Fax: +33 1 42 80 50 67
contact@galerie9art.com

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 12:59

Pour cause d'obligation professionnelle éditoriale André ne se rendra pas aux rencontres Chaland les 8 et 9 octobre, mais aura une tout autre destination en outre manche (London) au nouveau festival  BD & COMICS PASSION, organisé par l'Institut français, en association avec le 11éme  COMICA FESTIVAL.

 

Du 7 au 9 octobre octobre 2011, l'Institut Français à Londres organise le premier week-end BD & Comics Passion.

Vous pourrez ainsi rencontrer Yves Sente et André Juillard qui dialogueront à propos de la fabrication de la série "Blake et Mortimer" en particulier "Le Sanctuaire du Gondwana" sortie en version anglaise en Septembre sous le titre The Sanctuaire du Gondwana par l'éditeur Cinebook

 

blake mortimer bd comics passion 2011

 

Au cours de ces 3 jours, Yves Sente et André Juillard seront en dédicace à l'Institut Français de Londres, pour "Blake et Mortimer", après leur interview par Eric Simon (16h45 - 17h30) sur le "Making Of" de la série, qui portera sur leur façon de travailler ensemble et comment ils ont réussi à faire un succès de cette collaboration, ainsi que leur vision du futur de cette série légendaire.

Date : Samedi 8 octobre 2011
Interview : 16h45 - 17h30
Dédicaces : 17h30 - 18h30

 

blake_mortimer_gondwana_anglais_cinebook.jpg

©opyright Dargaud - Cinebook / Editions Blake & Mortimer

 

 

Pour les chanceux qui seront à ceux rendez-vous n'oubliez pas de faire dédicacer la version anglaise du Sanctuaire du Gondwana !

 

Institut Français
17 Queensberry Place
Londres SX7 2DT
www.institut-francais.org.uk

 


 


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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 01:00

André Juillard un léve tôt ?

Mais oui ça lui arrive, la preuve !

mercredi 13 juillet 2011 à 06h10 il  était à l'antenne de France Inter dans l'émission Le 5/7 d'Agathe André.

mezekfranceinter.jpgL'émmission commence à 70,30 minutes

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 17:05

Voici un très bel article de 2 pages dans la rubrique "L'UNIVERS D'UN ECRIVAIN" du magazine Lire de Juillet et Aout, où André Juillard reçoit Julien Bisson accompagné du photographe Franck Courtès.

 

Scan10169

© Julien Bisson / L'Express

 

Scan10165

© Julien Bisson / L'Express

 

"Lire" N ° 3 9 7.  J u i l l e t / a o û t  2 0 1 1

 

Merci à Eddy pour l'information..

 

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 16:16

 

Dimanche 17 juillet – André Juillard, Jean-Claude Fournier, François Coupry
ECOLEDESFILLES
Dimanche 17 juillet – André Juillard, Jean-Claude Fournier, François Coupry

RENCONTRE à 15h

Entre histoire contemporaine et histoire ancienne : la construction d’une aventure

Rencontre avec deux maîtres de la bande dessinée, Jean-Claude Fournier et André Juillard, autour d’une table ronde animée par François Coupry.

 

Jean-Claude Fournier, auteur de culture bretonne, a poursuivi la série des « Spirou et Fantasio» après avoir séduit Franquin par la justesse de son trait. Il est également le père de Bizu, un poète sonneur de biniou qui vit dans la forêt de Brocéliande. Après« Les chevaux du vent », Jean-Claude Fournier nous emmène sur un scénario de Lax, pour une aventure sur les cimes enneigées de l’Himalaya.

 

André Juillard, avec le scénariste Patrick Cothias, connait le succès dès les années 80 avec la série des « 7 Vies de l’épervier », suite du « Masquerouge », qui prend vie sous Henri IV. Il est dès alors reconnu en tant que maître inconstesté de la ligne claire. En 2000, il reprend sur un scénario d’Yves Sente, la célèbre série « Blake et Mortimer» créée par Edgar P. Jacobs.

François Coupry est écrivain, auteur d’une trentaine d’ouvrages. Son roman « Où est le vrai
Louis XVI ? » réinterprète l’histoire de France en scénarios multiples aux fins aléatoires selon les choix des différents rois imaginés. Dans « Les souterrains de l’histoire », la Camargue devient un autre lieu de paradoxe et de réinvention de l’histoire.

L’échange se fera autour d’un questionnement sur le processus de création d’une histoire. La table ronde abordera donc entre les 3 invités les thèmes du récit historique, dans le jeu de la création entre réalité et fiction, mais aussi de la poursuite, qu’elle soit continuité d’une œuvre, d’un mythe, ou de l’histoire.

 

Cliquez ici pour voir le programme en format pdf

 

École des filles : 25, rue du Pouly. 29690 Huelgoat. +33 (0)2 98 99 75 41 : A 15 heure

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 12:05

 

Elle était bien caché cette vidéo promotionnelle avant que je la découvre.
Réalisé par les Éditions du Lombard à des fins promotionnelles pour des projections en séance de dédicaces.

 

    
c) Juillard, Yann & Le Lombard.
Un scénario incroyable, épatant de justesse.
La « vulgarisation » de la création d’Israël est excellente. Le dessin de Juillard ressemble énormément à celui des 7 vies de l’Epervier, mais donne à Mezek une authenticité qui ne pourra jamais être remise en cause.

CHRONIQUE - Mezek par timothee le 09/06/2011 

sur BDaBD.com

Le synopsis du Lombard :
1948. La création de l'État hébreu ne va pas sans heurts, à commencer par les bombes égyptiennes qui pilonnent régulièrement Tel-Aviv. Tel David face à Goliath, Israël ne peut opposer aux chasseurs "Spitfire" ennemis que quelques vieux « Mezek » pilotés par des volontaires juifs venus de tous les pays mais aussi par des mercenaires accourus de plus sombres horizons... Björn est l'un de ces goyim venus risquer leur vie pour quelques milliers de dollars, un prix qui reste en travers de la gorge de ses confrères combattant, eux, pour leur idéal ! Yann et Juillard unissent leurs talents au service d'une véritable épopée, celle des débuts de l’aviation militaire israélienne et nous offrent surtout une puissante et complexe histoire d'amour...


La Chronique de Timothée :


1948. Les Nations Unies ont voté la création d’Israël, mais ont interdit au jeune Etat d’avoir une armée. Pour lutter contre ses ennemis, infiniment plus puissants et mieux organisés, l’Etat Juif fait appel à des mercenaires venus des quatre coins du monde pour se faire de l’argent, se racheter, ou tout simplement tuer.
Parmi ces hommes, Björn, mercenaire suédois, goy de surcroît, vit avec un lourd secret qui le hante depuis des années. Bien qu’il soit le meilleur pilote de Mezek, avions tchèques miteux mais seuls avions disponibles pour Israël, il est constamment rejeté par les membres de l’escadron 101. De plus, les luttes entre pilotes aguerris et jeunes soldats avides de victoires se font de plus en plus violentes. Quand une série de sabotages rend le climat électrique, la confiance n’est plus de mise et seul l’instinct de survie fait la différence.

Après avoir travaillé sur Le Grand Duc, autre épopée aéronautique racontant l’histoire de deux pilotes, l’un soviétique, et l’autre allemand, pendant la Seconde Guerre Mondiale, Yann livre avec Mezek, un album excellent, peaufiné dans ses moindres détails. La justesse des évènements, comme les luttes fratricides, les attaques égyptiennes, ou les sacrifices forcés, donne à Mezek, une dimension historique jamais vue auparavant. Yann évite avec brio tous les sujets à polémique concernant l'état d'Israël… On peut tout de même trouver gênant le trop plein de dialogues sur certaines planches. L’emploi de mots en yiddish est parfois déroutant, et pour atteindre la perfection, un lexique aurait pu être ajouté.

Juillard, quant à lui, donne à sa BD une prestance incroyable. La justesse des traits, l’harmonie des couleurs, tout est parfait pour se croire dans l’Israël des années 50. Le travail sur les avions, les uniformes, et même sur le décor est le résultat d’une recherche encyclopédique.
Les connaisseurs reconnaîtront ici la patte du dessinateur des 7 vies de l’Epervier, (le physique des femmes est plus que révélateur) ou de La Machination Voronov, tome 10 deBlake et Mortimer, et ne pourront que saluer le travail d’artiste réalisé ici.

Les deux auteurs, Yann et Juillard, grâce à leurs talents, nous permettent de comprendre les origines de l’Etat Juif tout en prenant plaisir à découvrir une époque trop souvent occultée des mémoires. Mezek, a peine sorti, fait déjà partie des classiques à avoir lus.

 

Merci à Nicolas Couju pour cette infos.

 

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 16:46

Mezek couverture.jpg 

Si cela n’est déjà fait, nous ne saurions que trop vous conseiller la lecture de Mezek, la dernière bande dessinée de Yann et André Juillard dans la collection Signé des éditions du Lombard.

En effet, cet album est véritablement passionnant par les thèmes qu’il aborde mais aussi extrêmement convaincant par son extrême lisibilité, son découpage et la clarté de son dessin. Il renoue avec la grande tradition des bandes dessinées à la fois divertissantes et instructives qui évoquent l’Histoire avec un grand H tout en apportant du plaisir au lecteur.

D’un point de vue historique, Mezek nous plonge dans le contexte explosif de la naissance d’Israël en 1948, à la découverte de mercenaires étrangers payés par le jeune Etat pour combattre ses ennemis extérieurs - ses voisins arabes - mais aussi intérieurs - ses propres factions dissidentes - qui menacent sa subsistance.

L'album nous dévoile le quotidien de ces pilotes aguerris, les difficultés qu’ils rencontrent avec leurs avions (les Mezek, des Messerschmitt allemands transformés et particulièrement dangereux), leurs relations tendues avec leurs collègues (jeunes pilotes israéliens totalement inexpérimentés et pleins d'animosité) mais aussi leurs moments de joie et d'amour.

Cette bande dessinée est marquée par une extrême tension. Les acteurs de l’action, hommes et femmes, sont des êtres à vif, vivant dans l'instant, avec des motivations variées qu'il s'agisse d'argent, de convictions politiques, d'idéaux, de gout de l’aventure ou bien des raisons plus obscures.

Mais Mezek - et c’est là sa force - n’est pas seulement un récit de guerre, une évocation des débuts de l’aviation israélienne et des hommes et des femmes engagées dans ce conflit méconnu. C’est aussi, surtout et avant tout l’évocation réaliste et sombre d’une histoire humaine, celle de Bjorn, l’un de ces mercenaires internationaux dont Juillard et Yann vont nous dévoiler progressivement et avec grand talent les ressorts psychologiques à la fois tourmentés et ambigus.

A l’occasion de cette parution de haut vol, André Juillard nous a fait le plaisir de répondre à quelques questions sur cette bande dessinée mais aussi sur l’évolution de son trait, la suite de sa carrière, son amour du dessin... A découvrir ci-dessous.

mezek_naissance_bande_dessinee_lombard.jpg

Mezek, naissance d’une bande dessinée, carnet des croquis d'André Juillard pour cet album


KLI : Comment est né ce projet avec Yann ?

André Juillard : Yann avait cette histoire en tête depuis plus d'une quinzaine d'années mais personne n'en voulait. J'ai découvert dans une revue de bande dessinée une interview dans laquelle il évoquait les scénarios qu'il avait dans ses tiroirs et qui ne trouvaient pas preneur. Et celui-là, tout particulierement, m'a tapé dans l'oeil. Je trouvais dans le tout petit pitch qu'il avait fait qu'il y avait vraiment plein de possibilités : d'abord, cette guerre en Israël en 1948, un sujet déjà assez mal connu, que personnellement je ne connaissais pas du tout, et puis surtout le destin de Bjorn, de ce personnage que je trouvais vraiment pathétique. Il se trouve que j'ai rencontré Yann quelques jours après avoir lu cette interview. Je lui ai dit que j'étais son homme s'il n'avait toujours pas de dessinateur pour ce récit. Il était assez content car c'est une histoire qui lui tenait vraiment à coeur.

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KLI : C'est la première fois que vous prenez rang auprès d'un scénariste pour une histoire ?

AJ : Oui. C'est la première fois que je propose à un scénariste de travailler avec moi. Yann a été patient car je lui avais dit qu'il faudrait attendre deux à trois ans avant que je puisse me consacrer à Mezek, le temps que je termine les albums sur lesquels j'étais déjà engagé. Lui-même aussi avait pas mal de travaux en cours.

KLI : Dès le départ, Mezek était conçu comme un album unique ?

AJ : Au tout début, on avait vaguement envisagé un double album mais, toujours à cause de mes obligations, j'avais dit à Yann préférer un album unique. Je trouve que c'est finalement pas plus mal car cela lui a permis de vraiment reserrer son sujet, de faire quelque chose de très dense.  Il est certain que des tas de pistes auraient pu être imaginées mais je trouve vraiment important de rester sur le personnage de Bjorn, de ne pas se disperser. Cela donne de la force au récit.

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KLI : Mezek n'est pas sans lien avec votre précédente bande dessinée, Léna et les 3 femmes. Il aurait d'ailleurs pu s'intituler Bjorn et les 3 femmes. Dans ces deux albums, il y a des ressorts qui touchent au terrorisme, à l'endoctrinement, à l'idéologie, la religion...

AJ : Ici, il ne s'agit plus de terrorisme. C'est un jeune pays qui tente de se défendre. Effectivement parmi les israéliens, il y avait quelques officines un peu terroristes comme l'Irgoun de Beguin ou bien le groupe Stern que je connais moins car il n'intervient pas dans cette histoire. Avec Mezek, le propos est ailleurs. Il y a vraiment une loupe, dans ce contexte historique très précis, sur un personnage. C'est ça qui m'a intéressé. Son destin, ses tourments. J'aime ce genre de personnage qui n'est pas bâti d'une seule pièce, qui n'est pas un véritable héros même s'il sait se montrer courageux à l'occasion. Par exemple, il n'est pas très courageux avec les femmes. Et puis il a ce lourd secret qui le hante.

juillard-21w.jpg 

KLI : En dehors de la documentation nécessaire au dessin d’un tel album, est-ce que vous avez besoin de vous imprégner de l’ambiance de l'époque au travers de livres d’histoires, de documentaires... ?

AJ : Pour avoir un peu l'atmosphère du récit, j'ai regardé Exodus que je connaissais déjà. Même si cela se passe un peu avant, à l'époque où les anglais sont encore en Palestine, c'est très intéressant. J'ai également vu un autre film que m'a passé Yann et qui n'est pas trop connu, L'empreinte des Géants avec Kirk Douglas et Frank Sinatra. L’action du film se situe au tout début de cette guerre. On y voit bien qu’Israël était totalement démuni. Il y a par exemple une scène où Frank Sinatra bombarde une colonne blindée du haut d’un petit avion de tourisme en balançant des cocktails molotov !

KLI : Yann vous a bien documenté sur le sujet ?

AJ : Depuis qu'il porte cette histoire, Yann a amassé énormément de documentation. Il a lu énormément de livres, des mémoires de certains de ces mercenaires, de militaires israéliens... Il a donc enrichi sa trame de départ par énormément d’informations. On peut dire qu’il était vraiment blindé de toute part quand je lui ai fait part de mon souhait de dessiner cette aventure. Il m’a donc passé l'ensemble de ces éléments. Pour ce qui me manquait, par exemple des précisions sur les avions, j’ai cherché des compléments mais ce n’est vraiment pas compliqué aujourd’hui avec internet.

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KLI : La nouveauté pour vous dans cet album, d’un point de vue graphique, c’est la représentation des combats aériens. Comment avez-vous relevé ce défi ? En faisant fi de réalisme pour dégager de belles compositions ?

AJ : C’est un peu ce que je voulais. Si j’aime beaucoup le monde de l’aviation, je n’y connais pas grand-chose. Je ne sais pas du tout comment se déroulait un combat aérien. J’ai juste une vague idée au travers de ce que j'ai pu en voir dans des films. Mais j’ai essayé que cela reste relativement logique.

MZK étude combat aérien.jpeg

KLI : Vos scènes de combats aériens sont visuellement des moments très forts. Comme des ballets aériens. Une forme d’esthétique du combat aérien ?

AJ : Oui. Cela tient à la mise en scène d’avions. Si j’ai utilisé des maquettes pour trouver les bons angles de représentation, mon souci n’était pas d’être dans le strict réalisme pour ces scènes aériennes. Si on me cherche des noises sur le dessin des avions, je pourrais dire que j’ai utilisé telle ou telle documentation mais pour le reste, je veux bien croire que je n’ai pas mis tous les rivets là où il fallait. Je n’ai pas non plus jugé utile de représenter fidèlement la façon de combattre. Les avions sont peut-être trop proches les uns des autres. Mais cela me semblait nécessaire de réduire ainsi les distances pour exprimer la réalité du combat. J’ai aussi voulu montrer le paysage. Qu’on sente la présence de la terre me semblait essentiel pour donner de la profondeur. C’est pourquoi les combats ne se déroulent pas à 4000 mètres d’altitude. Je n’avais pas non plus le temps d’expliquer comment cela se passait avec les formations de combat, les poursuites... De toute façon, je n’avais pas le temps. Un combat aérien, cela dure une page dans cette histoire. Et puis Mezek n’est pas un ouvrage documentaire sur l’aviation.

MZK Cheval de Bois 2.jpg

KLI : Avec le Mezek, vous représentez un avion difficile à piloter.

AJ : En fait, le Mezek n’était pas si difficile à piloter une fois en l’air. Il a d’ailleurs fait quelques dégâts dans les formations ennemies qui étaient pourtant équipées de Spitfire, un avion nettement supérieur. Les Mezek étaient surtout redoutablement dangereux à l’atterrissage. Yann m’a dit qu’il y avait eu finalement plus de victimes d’accidents avec cet avion que dans les combats aériens. On le voit bien avec le commandant de la base, un héros de cette guerre qui a vraiment existé et qui meurt bêtement en faisant un cheval de bois.

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KLI : Si je vous dis que votre trait est très classique presque académique pour cet album, êtes-vous d’accord ? Il me semble à mi-chemin du dessin de Plume au vents et de celui de Blake et Mortimer. Il y a moins la raideur qu'on retrouve dans Blake et Mortimer et un peu plus de la sensualité de Plume au vents ou des 7 vies de l'épervier.

AJ : Tout à fait. De toute façon, je ne peux pas renier ma formation académique, très classique. Mes premiers dessins étaient copiés de statues grecques. Donc c’est vraiment le pur académisme, un réalisme classique que j'aime beaucoup. Néanmoins, si c’était à refaire aujourd’hui, je choisirais certainement un style plus enlevé.

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KLI : Vous évoquez l’encrage dans le carnet de croquis de Mezek comme une vraie contrainte. Pourquoi ne pas vous affranchir de cette étape et explorer d’autres voies comme d’autres dessinateurs ont pu le faire ?

AJ : Je suis bien d’accord avec vous. Il faudrait que je trouve – et ce que je cherche actuellement – une moyenne entre le croquis et le trait définitif. Mais je ne pense pas qu’on puisse faire une bande dessinée juste en croquis. Personnellement, cela ne m’intéresserait pas. Le croquis, c’est le pur dessin. Je sais que les gens apprécient mes croquis mais je ne tiens pas à ce que cela arrête la lecture d’une bande dessinée, que le lecteur s’interrompe en se disant "quel joli croquis ".

juillard-94w.jpg

KLI : Ils sont quand même très aboutis vos croquis.

AJ : C’est vrai. Mais d'un autre côté, même si c'est contraignant, j’aime aussi cette phase de l’encrage. Sauf que je n’arrive pas à lui donner plus de vigueur. Mais je ne désespère pas. Il faudrait que je renouvèle toute ma façon de travailler, que j’arrête par exemple la couleur directe car elle nécessite un papier qui n’a pas souffert de gommages très importants, de retouches à la gouache, de grattages… C’est pour cela que je suis un peu crispé quand j’encre. Si je me plante, il faut que je recommence.

KLI : Quand on se penche sur vos croquis pour Mezek, on se dit que vous pourriez expérimenter une bande dessinée avec un style plus laché, un peu comme comme Enki Bilal le fait actuellement ?

AJ : Pourquoi pas ? Il faudrait que j’essaye. Lui-même me le dit souvent : " pourquoi tu ne t’arrêtes pas là ? ". Il faudrait que je prenne un jour la décision.

juillard-121w.jpg

KLI : Par rapport à la ligne claire, est-ce qu’on peut dire que la reprise de Blake et Mortimer a contrarié une évolution naturelle de votre dessin ?

AJ : C’est possible. Il est probable que le travail sur Blake et Mortimer m’ait un peu raidi au niveau de l’encrage. En essayant de faire de la pure ligne claire, il se peut que j’ai perdu un peu de souplesse.

KLI : Fondamentalement, vous n'êtes pas un dessinateur purement ligne claire.

AJ : Au départ, j’ai cherché à développer un style entre Jean Giraud et Edgar P. Jacobs. C’est un peu plus réaliste que Jacobs mais moins fouillé, moins travaillé que ce que pouvait faire Giraud dans Blueberry. C’était mon intention.

juillard-20w.jpg

KLI : Comprenez-vous que certains puissent affectionner tout particulièrement votre dessin des derniers volumes des 7 vies de l'épervier ou de Plume aux Vents, un trait qui dégageait une énergie, une personnalité qui s’est un peu perdue dans vos albums depuis la reprise de Blake et Mortimer mais qu’on retrouve par contre avec bonheur dans vos carnets de croquis ?

AJ : C’est aussi mon cas. Quand je revois effectivement les derniers volumes des 7 vies de l’épervier, je trouve que je n’ai pas progressé depuis. Mais je me dis que c’est inévitable aussi. J’ai observé chez nos glorieux ainés qu’il s’agisse de Hergé, Franquin, Jacobs, Martin, qu’ils ont tous eu un moment où leur styles respectifs étaient à leur apogée et qu’après, il y a eu quelque chose qui s’est perdu. Franquin par exemple qui développait une souplesse formidable, une simplicité, est venu compliquer son dessin avec des petites hachures. Dans ses derniers albums, Hergé s’est mis à faire des gros plans. Jacobs, c’est encore autre chose. Il a sans cesse évolué, toujours en train de changer de style, pas toujours très bien à mon goût. Au final, je me dis que je pourrais en dire autant.

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KLI : Quels sont vos rapports avec ligne claire ?

AJ : C’est une vraie admiration. Quelque chose qui tient à l’enfance aussi, à mes lectures de jeunesse. Pour une raison que j’ignore, mes parents avaient accepté de me laisser lire le journal de Tintin mais pas Spirou. Peut-être trouvaient-ils ce dernier un peu vulgaire ? Je me souviens du plaisir que j’éprouvais, chaque jeudi, à aller acheter mon journal Tintin. Mais j'aimais autant Spirou. J’avais un copain qui lisait le journal de Marcinelle et qui avait beaucoup d’albums Dupuis. Je me régalais de lire tout cela chez lui. De mon côté, j’avais très peu d’albums. Deux ou trois Tintin pas plus. Et puis je lisais tout ce qui me tombait sous la main. Je me souviens des pockets, Tex-Tone, Buck John… Il y en avait des flopées.

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KLI : Est-ce qu'il vous arrive de compulser des albums ligne claire pour trouver des idées, d'ouvrir par exemple des Tintin pour vous inspirer ?

AJ : Pas trop. Tintin, chaque fois que je rentre dedans, je le lis. Je me souviens qu’à la lecture de la biographie d’Hergé par Pierre Assouline, chaque fois qu’il évoquait un album, j’éprouvais le besoin urgent de le relire. J’ai tout relu comme cela. C’est toujours un très grand plaisir.

KLI : J'imagine que vous devez être un adepte des Chronologies d’une œuvre de Philippe Goddin ?

AJ : Oui. Bien sur. C'est vraiment formidable. J’affectionne vraiment les beaux livres sur les illustrateurs, les dessinateurs qu’ils soient français, anglais, américains… J'aime par dessus tout le dessin. Il faut dire qu'à titre personnel, je n’ai jamais touché un pinceau. Ma base a toujours été le dessin. Même si j'apprécie la peinture, je n’ai jamais été tenté par sa pratique. A mes débuts, j’avais l’impression peut-être pas bonne que tout avait été fait en peinture et qu’il n’y avait pas de voies nouvelles à explorer. Je ne voyais pas comment apporter quelque chose à l’histoire de l’Art en peinture ou même en dessin réaliste. D’où le choix de la bande dessinée où tout est permis y compris d’être passéiste. C’est pour moi le moyen d’expression parfait.

MZK CROQUIS BJRN.jpg

KLI : Vous êtes également un collectionneur d’originaux.

AJ : Effectivement. Par exemple, en ligne claire, j’ai quelques Mac Manus que j’aime vraiment beaucoup. J’ai aussi des Herriman. C’est un autre style. J’aprrécie énormément ces dessinateurs du début du siècle dernier aux Etats-Unis. J’affectionne aussi Winston Mac Cay dont je n’ai malheureusement pas d’original. Quand je suis renté dans ce métier, j’admirais tout particulièrement Harold Foster et son Prince Vaillant. Je trouve qu’il y a deux choses qu’il maîtrise admirablement. Tout d'abord, sa façon de dessiner les drapés avec un travail de pinceau absolument magnifique. Ensuite ses paysages. C’est un très grand paysagiste. Dans le même temps, j’apprécie quelqu’un comme Milton Caniff, un virtuose du noir et blanc, une technique qui m’est un peu étrangère. Ses planches sont splendides avec une vigueur formidable. Je suis finalement un amateur de styles variés.

juillard-72w.jpg

KLI : Vous avez apporté une petite contribution graphique au dernier carnet de Moebius. C’est une forme d'écriture automatique qui est surprenante. N’avez-vous jamais été tenté par cette spontanéité dans l'expression graphique ?

AJ : Ma participation au dernier Carnet du Major est vraiment minuscule ! Chaque fois que je découvre un carnet de Moebius, je suis bluffé. Cela reste l’auteur qui m’épate depuis toujours et qui continue encore aujourd’hui. Il est vraiment extraordinaire. Je suis très tenté par son approche consistant à prendre un carnet et à partir à l’aventure. Je trouve cela génial mais je me dis que je ne pourrais pas le faire. Lui, il dessine quasiment 24 heures sur 24. Moi je ne peux pas et je n’ai pas assez de temps. J’adorerais avoir une année sabbatique et faire des choses comme cela. Et puis j’ai certainement un côté un peu encombré de logique. Je n’ai pas l’esprit de fantaisie que peut avoir Moebius. Je planche quand même sur un carnet de croquis depuis 4-5 ans dans lequel j’essaye d’aborder un même thème par des successions d’illustrations sans suites. Je vais bientôt le terminer. Mais cela reste du dessin, toujours un peu rationnel, toujours assez académique. Il faudra que je le montre à un éditeur.

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KLI : Vous êtes membre du Crayon qui regroupe bon nombre de dessinateurs ligne claire… Est-ce que la proximité avec des artistes comme François Avril, Serge Clerc, Ted Benoit vous influence ?

AJ : Pas du tout. Vous savez, le Crayon est avant tout une amicale de dessinateurs et d’illustrateurs, une assemblée de copains qui déjeunent ensemble tous les deux ou trois mois. On parle de tout et de n’importe quoi et pas forcément de dessin !

KLI : Votre programme pour les prochains mois semble déjà bien chargé ?

AJ : Oui. Il va me laisser peu de temps pour me consacrer à mes propres histoires. L’envie commence pourtant à me travailler. Mais je suis déjà bien engagé avec un nouveau Blake et Mortimer avec Yves Sente et un nouveau Léna avec Pierre Christin. Quand je m’engage avec quelqu’un, je ne sais pas faire défaut. C’est une qualité mais peut-être aussi un défaut par rapport à mes propres aspirations.

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KLI : Comment voyez-vous vos prochaines années de création ?

AJ : J'aime bien les one-shots comme Mezek. J'envisage la fin de ma carrière un peu comme cela en travaillant sur des récits uniques. Je n’ai plus trop envie de partir dans des séries au long cours. Cela n'a pas de sens. Je ne sais pas si je pourrais aller au bout. Ou bien une mini série à la rigueur. C'est ce que je fais avec Léna. Pourquoi pas aussi réaborder certaines séries. Je reviendrais volontiers à Plume aux Vents, au personnage d’Ariane et au petit monde qui tourne autour. J'ai aussi l'envie de creuser une veine plus humoristique mais je ne sais si je saurais faire.

Planches, croquis et illustrations copyright Juillard, Yann et Le Lombard

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 17:13

Après une présidence américaine avec Art Spiegelman, le célèbre Prix Pulitzer figure de l’Underground, le prochain invité d'honneur du festival de Solliès sera pour notre grand plaisir à tous: André Juillard

 

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© André Juillard / alien 2011

 

2011-Sollies-ville-Juillard.jpg

© André Juillard / alien 2011

 

Festival international de BD.

Du 26 au 28 août à Solliès-Ville. Gratuit.

Rens. 06.12.53.19.08.

www.festivalbd.com

 

 

 


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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 16:46

André Juillard a accordé un entretien au magazine flamand Stripgids pour son n° 24 d'avril 2011.  Cet excellent magazine est édité par l'association qui organise Strip Turnhout, le plus ancien  et le plus imporant festival BD de Flandre.  

Article publiés sur le blog Blake, Jacobs et Mortimer le vendredi 13 mai 2011  avec l'accord du journaliste Roel Daenen

 Un grand merci a laurent de m'avoir permis de relayé cette superbe interview.

 

L'interview a été réalisée à l'occasion de la Foire du Livre de Bruxelles, sur le stand de Champaka qui proposait des planches originales des plus grands artistes comme Winsor McKay, Hergé, Herriman, Guarnido, Loustal et donc Juillard.

 

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Roel Daenen présente tout d'abord Juillard comme l'un des grands maîtres de la bande dessinée française contemporaine, l'un des représentants les plus éminents du style Ligne Claire et donc l'héritier des fondateurs de ce style, Hergé et Jacobs. Juillard est notamment loué et respecté pour sa contribution à la série Blake et Mortimer.

 

A l’époque, E.P. Jacobs vous avait demandé de terminer le deuxième tome des trois formules du professeur Sato”. Vous aviez refusé. Pourquoi ?

Ce n’était qu’une première proposition. J’ai décliné l’offre parce que… (il réfléchit et pèse ses mots)… je n’aimais pas le scénario, l’histoire ne me séduisait pas. Pour moi, Blake et Mortimer sont des personnages d’une série qui se déroule pendant les années 50. Ça se voit à tout : l’esthétique, les tenues, les décors... Et là ce n’était pas “mes” Blake et Mortimer. Dans cette histoire, ils étaient loin des personnages que j’adorais quand j’étais enfant. Mais c’était un honneur, bien sûr. Se voir proposer de reprendre Blake et Mortimer, ce n'était pas mal du tout. D'un autre côté, je n’étais pas certain d'être capable de le faire. A l’époque, j’étais beaucoup plus jeune et je me suis posé la question de savoir si j’étais capable de reprendre la série au même niveau que Jacobs. Parce qu'il ne faut pas le faire si on n’atteint pas la même qualité. Alors j’ai refusé et j’ai oublié le projet.

 

Après une question sur la naissance de L’Aventure immobile

Blake et Mortimer font partie de ma jeunesse – c’était les années 50. La série faisait partie, d’une manière essentielle, de ma relation avec la BD. Une relation que je chéris toujours. Graphiquement, La Marque jaune est une des meilleures BD qui aient été publiées. Dans cette aventure Jacobs s’est vraiment surpassé. J’adore aussi le scénario de S.O.S. Météores. L’ambiance de cette histoire est superbe : il pleut, il neige, il y a du brouillard... Jacobs était très fort dans l'utilisation des couleurs, la couleur était un élément narratif supplémentaire. Il avait aussi le sens de la théâtralité. Ce n’est pas étonnant, vu sa formation et sa carrière de chanteur d’opéra. Cela se voit dans les poses de ses personnages, dans leur langage…

 

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Les aventures de Jacobs se déroulent pendant les années 50, pendant la guerre froide. C’était son propre temps, mais pour vous et Yves Sente, ce n’est plus le cas. Je suppose qu’il s’agit d’un choix délibéré ?

Oui, vous avez raison. Mais, pour être exact, L’Affaire du Collier et Les Trois formules du professeur Sato se déroulent beaucoup plus tard. Donc, à cet égard, nous ne travaillons plus dans l’esprit de Jacobs. Mais pour moi, il est impossible de situer les aventures de Blake et Mortimer en 2011. Nous n’avons aucune idée de ce que Jacobs penserait de notre approche… S'il était toujours vivant, il aurait peut-être considéré ça comme un manque de courage… parce que nous nous sommes réfugiés dans le passé, que nous privons ses personnages de la confrontation avec notre époque. Je ne peux qu’invoquer le fait que, graphiquement, ces personnages ont leur place dans les années 50-60. Pour moi, il est impensable de transposer Blake et Mortimer à notre époque. En tout cas, je n’en suis pas capable et cela ne m’intéresse pas non plus. Si on me demandait de le faire… j’arrêterais de collaborer à la série. Je me suis livré coeur et âme à ce qu’on appelle la “BD historique”. Au début de ma carrière, je situais mes histoires dans le passé et j’essayais de me documenter, aussi bien que possible, sur les aspects de la période concernée. Avec Blake et Mortimer, je continue ce travail. Je fais des recherches sur les vêtements qui étaient portés, sur les véhicules, les villes… ces choses là.

 

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Dans La Machination Voronov, vous faites référence explicitement à l’album de Tintin Le Sceptre d’Ottokar. Pourquoi ?

Il arrive que j’ajoute des clins d’oeil à mes dessins. J’adore et j’aime renvoyer à l’histoire riche de ce médium.

 

Ted Benoit, Bob De Moor… vous êtes l'un des quelques dessinateurs qui ont marché sur les traces de Jacobs. Jusqu’ici, vous avez dessiné quatre aventures de Blake et Mortimer. Êtes-vous satisfait de votre travail ?

Non… Je n’ai jamais été vraiment content de mon travail. Ce n’est pas de la fausse modestie ni une forme de coquetterie. J’ai toujours l’impression que mes dessins ne sont pas parfaits, que je peux faire mieux. Je vous donne un exemple : je n’ai jamais réussi à relire complètement une de mes BD. Deux pages, c’est tout. Au moment où un projet est terminé et qu’un autre s’annonce, on m’envoie l’album. J’essaie de relire l’histoire, mais c’est trop difficile. D’abord parce que je la connais par coeur (il sourit). Ensuite, et c’est plus fort que moi, dès que je commence ma lecture, je vois les petits défauts… (soupir). Cela trouble le rythme de la lecture et voilà, j’arrête. Cela m’arrive tout le temps. Mais je suis beaucoup moins sévère pour mes collègues, vous savez. A l’exception, peut-être,  de Bob De Moor. Son album, Les Trois formules du professeur Sato 2, n’était pas vraiment réussi. J’apprécie beaucoup son oeuvre, des séries comme Cori le moussaillon ou Barelli, mais ce qu’il a fait avec Blake et Mortimer n’était pas bien. Je ne suis pas au courant de tous les détails, mais on m’a dit que sa condition personnelle n’était pas au top et qu’il ne se sentait pas bien dans son rôle de repreneur. En outre, il devait travailler très vite, ce qui lui a joué des tours aussi. C’est dommage, parce que c'était un homme extraordinaire, avec un immense talent. Mais l’album n’était pas à la hauteur de son talent. Ted Benoit, en revanche, atteignait vraiment l’esprit de Blake et Mortimer.
  

Le Sanctuaire du Gondwana était votre dernière aventure de Blake et Mortimer. Est-ce qu’il y aura une suite ?

Bien sûr. Il y a déjà un nouveau projet, un nouvel album. Ce sera une histoire qui se déroulera au Royaume Uni. À Oxford, pour être plus précis. Si vous avez lu ce que Jacobs  a écrit sur ses personnages dans Un Opéra de papier, ses mémoires, vous savez que Blake a étudié à Oxford pendant quelques années (sourire). Alors, une fois de plus, nous remontons dans le temps. C’est une matière qui nous est tendue par Jacobs lui-même. Je dois dire que nous nous en amusons bien. C’est très agréable de se poser des questions sur chaque élément : “Maintenant, suppose que …”, “ Oui … et ensuite ? » Cela revient toujours à la question “Qu’est ce qui se passe si …? ” A ce moment là, nous sommes comme des enfants pour qui tout un monde se révèle. Provisoirement, l’histoire est intitulé “Oxford”, mais je suppose que le titre définitif sera plus Jacobsien, du genre Le Mystère de

 

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 14:48

Une nouveauté se prépare chez Casterman pour le 25 août prochain, l'intégrale de deux albums d'exception, sous la houlette de Reynold Leclercq Editeur chez Casterman.   

 

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Le Cahier bleu séduit par sa construction inattendue, qui reprend plusieurs fois le fil des mêmes événements selon des points de vue différents. Les exceptionnelles qualités graphiques de l'album achèvent d'en faire une oeuvre d'exception. Récompensé à sa parution par le Prix du meilleur album au Festival d'Angoulême. Un peu plus tard, en 1998, André Juillard prolonge ce travail avec "Après la pluie" qui, moins qu'une véritable suite, utilise certains des personnages du Cahier bleu pour lancer une nouvelle intrigue, entre Paris et l'Italie.

 

 

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Ces deux ouvrages, articulés l'un à l'autre, sont proposés pour la première fois sous la forme d'un intégrale. L'ouvrage se complète d'un dossier de 16 pages et d'interview d'André Juillard réalisé par Thierry Bellefroid.

Ainsi que pour la première fois l'intégralité du Cahier Bleu avec les deux planches inédite parues dans le défunt "A Suivre" dernier N° 239 de décembre 1997.

 

Parution le 24 Août 2011
Série : Le Cahier Bleu-Après la Pluie
Dessinateur : André Juillard
Scénariste : André Juillard
Genre : Roman Graphique
Éditeur : CASTERMAN
Collection : AUTEURS
Public conseillé : Ados-Adultes
Album cartonné en couleur
EAN : 9782203040984

 

 

 

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